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Libération
EDITORIAL

Zapping

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Publié le 25/11/2011 à 0h00

Le retrait de Besancenot avec son vélo et sa bonne bouille ne peut être le seul facteur expliquant la chute du NPA, parti qui, justement, devait dépasser le côté sectaire et trotskiste de la Ligue communiste révolutionnaire. Tout comme la retraite d'Arlette Laguiller, personnage aux marges de la politique mais tout de même «guignole de l'info», ne peut justifier le recul de Lutte ouvrière. Il serait singulier que l'électorat très politisé et militant de l'extrême gauche préfère des «people» à des candidats ouvrier ou prof. Le malaise est plus profond et ne percute pas seulement les deux formations trotskistes. Il atteint aussi les partis traditionnels ou les verts comme le montre l'interminable feuilleton, «Eva Joly dans les choux». La crise économique fonctionne comme le révélateur d'une crise politique de la représentation et des partis. Le sociologue Philippe Corcuff, NPA par ailleurs, parle d'un «zapping citoyen continu» : «Un jour les retraites, un autre jour les gaz de schiste, un autre jour Montebourg ou les Indignés.»

Un inventaire qui ne correspond guère aux appareils et idéologies de l'extrême gauche française figés au siècle dernier sinon au XIXe. Jean-Luc Mélenchon et son Front de gauche, plus labile et finalement PS-compatible, s'en sort mieux en ces temps de vote utile, devenu un impératif moral. L'extrême gauche n'est pas pour autant à mettre dans les poubelles de l'histoire, mais il va falloir que la révolution si souvent

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