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CHRONIQUE

Et si la perte du triple A français était un choc salutaire?

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Chaque lundi, pendant la campagne présidentielle, l'économiste Alexandre Delaigue pose une question économique qui fâche politiquement.

ParAlexandre Delaigue
chroniqueur économique
Publié le 28/11/2011 à 8h52

Ce vendredi, Standard & Poor's a dégradé la note de la Belgique, de AA+ à AA, avec perspective négative. L'agence invoquait notamment pour justifier cette décision les blocages politiques de la Belgique, l'absence de gouvernement, et les négociations bloquées pour l'élaboration du budget 2012. Conséquence: dès le lendemain, un accord était trouvé pour le budget, levant l'un des derniers obstacles à la constitution d'un gouvernement. En Belgique, certains commentateurs se sont demandé, avec humour, si Standard & Poor's était le nom du nouveau Premier ministre. Les déclarations des négociateurs belges étaient sans équivoque: il est apparemment plus facile d'expliquer à ses électeurs qu'on a cédé à S&P's qu'aux autres partis politiques. Après la démission de Berlusconi, la Belgique a rejoint la liste des pays européens dont les politiques ont été déterminées par la pression des marchés financiers.

Et en France ? Il y a de quoi être interloqué par le décalage entre le débat public et les perspectives de la zone euro. Quoi que l'on pense des mérites respectifs du programme du PS ou de l'UMP, ils partagent une conception centrale: la crise actuelle de l'euro est une parenthèse douloureuse, qui se terminera plus ou moins rapidement, à l'issue de laquelle tout redeviendra comme avant. Il sera alors possible de décider des dépenses, des recettes publiques, comme on le faisait jusqu'à présent. PS et UMP partagent la conception gaulliste de l'Europe, juxtapositions d'Etats souverains. E

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