De retour à la tête du Parti socialiste, Martine Aubry analyse les enjeux de la crise et ceux de la campagne de François Hollande, son ex-rival de la primaire.
Nicolas Sarkozy et Angela Merkel présentent leur accord pour un nouveau traité comme un sauvetage de l’euro et de l’Europe, qu’en pensez-vous ?
Se lancer dans une révision des traités est aussi inefficace qu’inutile. Inefficace car on ne maîtrise ni le délai de révision ni l’issue de la révision d’un traité : c’est maintenant qu’il faut agir. Inutile car des réponses existent sans révision des traités. Et aussi dangereux parce que par cette réforme, le duo Sarkozy-Merkel veut accroître la mainmise de la technocratie et des marchés sur les citoyens. Il veut une Europe technocratique et libérale. Avec François Hollande, nous défendons une Europe démocratique, économique et sociale. La responsabilité, c’est de faire ce qui aurait dû être fait depuis 2008 : éteindre la spéculation contre les états endettés, grâce aux euro-obligations et à l’intervention de la BCE, et instaurer sans délai la taxe sur les transactions financières qui permettra de financer des investissements d’avenir et la réduction des déficits.
Y a-t-il un risque de rouvrir pendant la présidentielle le clivage entre partisans du oui et du non à gauche ?
Au Parti socialiste, ce débat est derrière nous. Nous sommes tous d’accord pour donner à l’Europe une autre direction, des institutions responsables devant le peuple, un vrai gouvernement économique pour l’emploi et pour préparer l’avenir, une harmonisation fiscale et sociale, et une protection commerciale de nos entreprises et de nos emplois en imposant des règles de réciprocité aux pays qui nous font de la mauvaise concurrence en ne respectant pas les norm




