Ne serait-il après tout pas normal, en arrivant au pouvoir, de nommer aux postes clés de l'administration des proches, voire des très proches, des femmes et des hommes sûrs qui mettraient rapidement en œuvre la politique voulue par les électeurs ? Un «spoil system» à la française, classique aux Etats-Unis, qui aurait peut-être le mérite de l'efficacité, à coup sûr celui de la clarté. D'autant qu'il ne concerne que quelques postes précis et exclut rigoureusement tous ceux qui touchent au pouvoir judiciaire et au cœur du fonctionnement régulier de l'Etat. Nicolas Sarkozy avait choisi une autre voie et promis, en 2007, sur le plan des nominations, une République «irréprochable». Soit la fin de la pratique discrétionnaire, curiale, clanique dans la distribution des postes. Il n'en a rien été. Au contraire. Jamais le bras ne fut si long. Jamais les proches ne furent si bien servis. Jamais les postes ne furent si nombreux et à ce point démultipliés dans tous les secteurs : justice, police, monde économique et financier, etc. La cartographie de ces nominations est une photographie de la politique : un inextricable enchevêtrement de pouvoirs et d'intérêts, certains anciens, d'autres hypermodernes, qui tous convergent ou passent par l'Elysée. Versailles au XXIe siècle. Dans les semaines et les mois qui viennent, il faudra continuer à regarder de très près ce qu'on appelle élégamment les «recasages» : le parachutage des proches du pouvoir vers les postes et fromages de la
EDITORIAL
Curial
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Publié le 28/12/2011 à 0h00
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