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Chronique Entre les lignes

Drôle de campagne

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Pendant toute la campagne présidentielle, Antoine Guiral décrypte le dessous des cartes politiques.

(Photos Reuters. AFP)
Publié le 29/12/2011 à 15h01, mis à jour le 29/12/2011 à 17h46

Drôle de campagne. Depuis la primaire socialiste, c'est morne plaine. Ne surtout pas passer à l'offensive trop tôt: chaque camp s'observe, fourbit ses argumentaires, peaufine sa tactique. L'objectif prioritaire est d'éviter la faute qui ruinerait la suite des opérations. La grande explication est attendue à partir de janvier...

Mais l'envie de combattre sera-t-elle là? Nicolas Sarkozy joue l'esquive. Sa stratégie est arrêtée, qui consiste à se jeter le plus tard possible dans la bataille. Ce sera février, voire début mars. Ses faiblesses sont telles qu'il va tenter le K.O. façon blitzkrieg en jouant de sa hauteur élyséenne. A l'Elysée, on planche plutôt sur le style «Mitterrand 1988» que «Chirac 2002» pour décrocher un second mandat présidentiel. Au programme, de grandes prises de parole très scénographiées mais aucune confrontation directe avec ses adversaires. Pas de son niveau. Les basses œuvres et le corps à corps seront pour ses spadassins.

En face, François Hollande avance avec prudence. Convaincu d'avoir déjà gagné, l'hyperfavori des sondages déroule sa campagne et ses idées à son rythme. Comme il l'a fait durant la primaire. Amis et militants sont parfois déroutés. Les Français, eux, commencent à avoir des doutes. Mais le candidat socialiste a sa feuille de route en tête et ne veut pas s'en laisser détourner. Pour l'heure, elle a consisté à peu se dévoiler tout en essayant d'installer la crédibilité de sa stature d'homme d'Etat. Hollande a beaucoup observé les effets

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