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Libération
EDITORIAL

Déni

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Publié le 02/01/2012 à 0h00

Difficile de ne voir que des «fables» dans les commissions et rétrocommissions versées en échange des ventes d'armes au Pakistan en 1995. La défense de Nicolas Sarkozy, qui minimise contre toute vraisemblance son rôle pourtant clé dans la campagne d'Edouard Balladur, ne tient pas la route. Les enquêtes des juges, qui poursuivent avec obstination leurs instructions, montrent désormais ce que savait Sarkozy, alors ministre du Budget. Il avait validé ces commissions. Autre «fable» du camp Balladur : ce serait les ventes des tee-shirts qui auraient permis de récolter les mystérieux 15 millions de francs versés en liquide sur les comptes de campagne du candidat. Mais tout montre aujourd'hui qu'il s'agit des rétrocommissions versées par les intermédiaires choisis par les balladuriens. Rappelons qu'à l'époque les commissions étaient légales, mais les rétrocommissions interdites. Rappelons enfin qu'aucun lien n'a été établi entre ces pratiques, ni même l'arrêt des commissions par le camp chiraquien, et l'attentat de Karachi qui a coûté la vie en 2002 à 14 personnes, dont 11 Français. Il reste que ce système occulte du financement des partis révèle un profond dérèglement des institutions de la République. Pour se défendre, l'ancien Premier ministre allègue que ses comptes - y compris les 15 millions - ont été validés en 1995 par le Conseil constitutionnel. Mais l'on sait aujourd'hui, selon le témoignage d'un de ses membres, que cette décision a été imposée au forcep

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