Un homme politique se juge aussi à sa capacité à saisir ce que les Grecs anciens appelaient le kairos : le moment opportun. Pour faire basculer une situation, accélérer, prendre l'avantage. Suite à la primaire, l'état de grâce de François Hollande avait duré ce que durent ces phénomènes dans les sociétés médiatiques : quelques jours à peine. Son entrée en campagne avait été inquiétante. Comme si les équipes peinaient à se mettre en place et la stratégie à se dessiner. Le texte que publie Libération aujourd'hui tourne clairement cette page. Et compose, dans cette alchimie si particulière qu'est une présidentielle, un portrait de François Hollande à mille lieues de celui qui circulait jusque-là : offensif et même abrupt, vis-à-vis de Nicolas Sarkozy évidemment, mais aussi de ses alliés de gauche ; ayant une idée extrêmement précise de la politique qu'il compte mener ; au clair sur le diagnostic qu'il fait de la France et de l'Europe. Pour la première fois avec autant de netteté, il déroule la feuille de route de sa campagne et décrit les valeurs qui guideraient son quinquennat. Quels seraient les leviers dont il disposerait comme président d'un pays en crise, dans une économie mondialisée. Quel est, en somme, le contrat qu'il propose aux Français. Le temps viendra de la déclinaison de ces thèmes en mesures ciblées. Mais, à ce stade, sur le plan stratégique, l'accélération de François Hollande rebat les cartes de cette perpétuelle guerre de mouvement qu'est la
EDITORIAL
Kairos
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Publié le 03/01/2012 à 0h00
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