Sylvia Zimmermann, 64 ans, n'est ni people ni justicière mais discrète et tenace. Ancienne avocate devenue magistrate sur le tard (en 1994), elle a exercé, à Versailles en 2003 puis à Paris en 2008, en tant que doyenne des juges d'instruction. Ce qui lui confère une certaine respectabilité et quelques dossiers sensibles : le crash du vol Rio-Paris où elle n'a pas hésité à mettre en examen Airbus et Air France, et la double affaire d'espionnage des «fadettes» de journalistes du Monde qu'elle impute au chef du renseignement, Bernard Squarcini, et au procureur Philippe Courroye.
Des adversaires critiquent sa «précipitation» à dégainer les mises en examen, sa propension en audition à administrer des leçons de droit «à la façon du Dalloz» ou à «confondre les "fadettes" [listing d'appels, ndlr] avec des écoutes téléphoniques».
Mais ayant épargné le grand patron de la police, Frédéric Péchenard, qu'elle a entendu comme témoin assisté, la juge Zimmermann ne passe pas pour «une jusqu'au-boutiste», ni pour une opportuniste. Pas loin de la retraite, elle n'a «pas de plan de carrière»,dit un avocat de ses amis à l'Agence France Presse : «Elle n'appartient à aucune chapelle et ne mène de combat contre personne.» Son enquête visant le président camerounais, Paul Biya, pour la détention depuis deux ans à Yaoundé de l'avocate franco-camerounaise Lydienne Yen-Eyoum, est bloquée. Car le parquet s'est opposé à sa dé




