Quand un candidat de gauche tire à boulets rouges sur la finance, comme François Hollande dimanche, il prend au moins deux risques. Le premier, c’est d’être accusé de sacrifier à une liturgie bien connue, d’autant plus incantatoire en temps de crise qu’elle précède une prudence certaine, voire une passivité totale, une fois le pouvoir conquis. Le second risque, c’est d’entacher gravement sa crédibilité. Beaucoup ont appris à leurs dépens qu’on remplissait des urnes avec des espoirs et bouclait des budgets avec des réalités. Ils ne sont pas près de l’oublier. Il ne s’agit pourtant pas de faire des banques le bouc émissaire de tous nos maux. La France ne sortira pas de la crise en leur déclarant la guerre : les banques financent l’économie, créent de la richesse, contribuent à la croissance. Mais la gauche considère à juste titre que les marchés financiers ont une dimension de «bien collectif» et qu’elle doit, dans l’urgence, contribuer à les réguler : leur interdire de travailler avec des paradis fiscaux, les placer sous une surveillance efficace, condamner les pratiques à hauts risques, protéger les intérêts de l’Etat en cas de faillite… Chacun pressent que ces exigences ne relèvent pas toutes de la seule volonté nationale. En ce sens, Hollande en a dit trop ou pas assez : il lui importe de préciser comment il va s’y prendre, selon quel calendrier et avec quels alliés européens. La régulation financière est une affaire trop sérieuse pour que François Hollande l’abandonne aux
EDITORIAL
Risques
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Publié le 24/01/2012 à 0h00
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