La justice va pouvoir creuser sans crainte le volet politico-financier de l’affaire Bettencourt. Hier, confirmant une décision de la cour d’appel de Bordeaux, la Cour de cassation a définitivement validé l’utilisation par les magistrats instructeurs des enregistrements pirates effectués au domicile de Liliane Bettencourt. La révélation de ces enregistrements par Mediapart, à l’été 2010, avait déclenché une tempête médiatique et judiciaire conduisant notamment à la démission d’Eric Woerth du gouvernement, quelques mois plus tard. Les enregistrements suggéraient de multiples délits : opérations financières destinées à échapper au fisc, immixtions de l’Elysée dans la procédure judiciaire, liens troubles de Liliane Bettencourt avec Eric Woerth et son épouse Florence…
Moyens de preuve. D'un point de vue juridique, l'arrêt n'est pas une surprise. Saisie par Liliane Bettencourt, qui dénonçait une atteinte à sa vie privée, la Cour a réaffirmé sa jurisprudence en la matière : une pièce à conviction, même obtenue par des moyens frauduleux, est recevable, si la fraude n'est pas le fait d'un enquêteur. «Les enregistrements contestés ne sont pas en eux-mêmes des actes ou des pièces de l'information, mais des moyens de preuve qui peuvent être discutés contradictoirement», peut-on lire dans l'arrêt. La Cour a aussi rejeté les arguments de Françoise Bettencourt-Meyers, la fille de Liliane, qui s'était elle aussi pourvue en cassation, demandant l'annulation de la pro




