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Libération

La peau de l’ours

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Publié le 02/02/2012 à 0h00

Tous les sondages sont formels : François Hollande est aujourd'hui le grand favori de l'élection présidentielle. Le candidat socialiste lui-même parle désormais volontiers au futur de son statut de chef de l'Etat : «Quand je serai Président…» Il y a là sans doute une part de sincérité et une part de calcul. Pour enraciner la probabilité de sa victoire, pour la rendre la plus crédible possible, rien de tel que de la présenter comme toute naturelle. L'évidence peut devenir autoréalisatrice. En se présidentialisant à l'avance, Hollande renforce ses chances de devenir Président. Encore faut-il éviter d'avoir l'air présomptueux et se garder de vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué. Nicolas Sarkozy est aujourd'hui politiquement atteint. Il est blessé mais il n'est pas électoralement mort, tant sans faut.

La semaine dernière a certes été la semaine Hollande. Le député de la Corrèze a incontestablement réussi son premier grand meeting au Bourget. Excellent orateur, parlant devant un auditoire acquis, venu pour s'enflammer, il a prononcé l'un de ces grands discours lyriques et sentimentaux qui ponctuent la tradition de la gauche française. Le succès de ce morceau de bravoure a ensuite été largement répercuté et amplifié par les médias qui l'on transformé en victoire politique. Entendant dire, à juste titre, que Hollande avait été inspiré, l'opinion publique s'en est aisément convaincue, qu'elle l'ait entendu ou pas. La présentation beaucoup plus technique, jeudi derni

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