Les reportages et l'enquête d'opinion que publie Libération soulignent d'abord une rupture profonde entre les classes populaires et Nicolas Sarkozy : 2012 ne ressemblera pas à 2007, le quinquennat ayant dissipé les promesses et les mirages fondateurs. On ne les y reprendra plus, les classes populaires, qui du coup témoignent d'une pluralité d'attaches politiques, répartie sur les autres candidats à la présidentielle : les gauches, le centre, l'extrême droite étant, elle, contrairement à un mythe tenace, très loin de rafler la mise. A ceci près que l'offre politique semble profondément déphasée par rapport aux attentes. Ces dernières sont simples : l'économie, l'emploi, le pouvoir d'achat. Bien loin devant l'immigration et l'insécurité, contrairement à ce que continuent de penser ceux qui agitent de sales chiffons rouges xénophobes au nez de catégories sociales qui réclament du travail et l'espoir d'une vie meilleure. Ceux-là mêmes qui rêveraient que les classes populaires soient populistes et ne reculent devant rien pour les y inciter, le nationalisme fétide étant, de loin, plus facile à ressusciter que les entreprises et le tissu industriel. Il y a donc une formidable attente, sur laquelle se jouera aussi la présidentielle. Une aspiration à ce que les candidats fassent leur travail et agissent. Pour la gauche, enfin, une occasion cruciale de répondre à un électorat qui, sceptique et encore méfiant, se tourne à nouveau vers elle.
EDITORIAL
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Publié le 06/02/2012 à 0h00
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