François Hollande annonce dans son programme son intention de «séparer les activités des banques qui sont utiles à l'investissement et à l'emploi, de leurs opérations spéculatives». La formulation laisse la porte ouverte à bien des interprétations, notamment sur la distinction entre activités utiles et spéculatives. Dexia a montré qu'une activité aussi basique que le prêt aux collectivités locales pouvait prendre une forme particulièrement toxique; permettre à une PME d'acheter des dollars dans six mois à une parité prévue à l'avance fait appel à des produits dérivés et relève de la «spéculation», mais constitue un service très utile.
On peut cependant noter que cette idée s'inspire du rapport Vickers en Grande-Bretagne, qui préconise l'établissement d'une barrière étanche entre activité de banque de dépôt et de banque d'affaires. Transposer cette réforme en France serait-il une bonne chose? Christian Noyer, gouverneur de la banque de France, pense que c'est une «fausse bonne idée», tout comme Frédéric Oudéa, président de la fédération bancaire française.
Les adversaires d'une telle séparation s'appuient sur les arguments suivants. Lehman Brothers, dont la chute a déclenché la crise financière, était une banque d'affaires, et les banques universelles ont résisté à la crise grâce à la diversité de leurs activités. Il n'est plus possible aujourd'hui de réellement distinguer ce qui relève de la «spéculation» et des activités de financement «normal». Les banques




