Un jour ou l'autre, elles ont croisé son chemin. Cinq personnalités ont confié à Libération les souvenirs qu'elles conservaient de Jean-Luc Mélenchon, à différentes périodes de sa vie publique. Témoignages.
Marie-Noëlle Lienemann sénatrice (PS) de Paris
«J’ai rencontré Jean-Luc quand il est arrivé à Massy (Essonne) en 1978-1979. De culture "deuxième gauche", j’étais leader d’opposition de la section et le maire, Claude Germon, mitterrandiste, l’a fait venir pour éviter que je sois majoritaire. J’ai vu tout de suite que je n’avais pas face à moi un petit techno mais un meneur d’hommes, un tacticien. On a commencé par s’opposer mais on avait en commun de ne jamais lâcher une bataille, même par temps mauvais, et de croire aux causes qu’on défendait. J’ai vu aussi ses qualités de bretteur, avec le goût du débat et de la rhétorique, et d’organisateur, qui structure et fait travailler les gens collectivement. Il n’était ni un homme de pure idée ni seulement un apparatchik. C’est d’abord son profil d’homme d’appareil qui a été mis en exergue, puis il a fait valoir ses doubles qualités de stratège politique et d’intellectuel. En 1985, on a été élus sur les deux cantons de Massy. Comme il ne conduisait pas, je l’emmenais en voiture au conseil général. Progressivement, on s’est rapprochés. Au congrès de Rennes, en 1990, on a déposé chacun une motion, moi de mon côté, lui avec Julien Dray, et on a vu qu’on arrivait à des choses assez proches, même sans avoir le même pied d’appel, et on a passé accord tous les trois. Je décr




