«Il est en campagne, sourit un diplomate américain, on sait ce que c'est.» A Washington, on n'a pas attendu la déclaration de candidature de Nicolas Sarkozy pour comprendre que le président français est en campagne, et dédramatiser ainsi les soubresauts qu'il inflige à la relation bilatérale.
L'une des dernières interrogations des officiels américains concerne le besoin qu'a eu le président français de provoquer les Turcs sur le génocide arménien, au moment même où Ankara pourrait jouer un rôle clé en Syrie. «A quoi bon?» demande un diplomate américain. Le 27 janvier, il y avait eu l'annonce du retrait français d'Afghanistan en 2013 au lieu de 2014 comme convenu, qui a forcé Barack Obama à bousculer lui aussi son calendrier. Quelques semaines plus tôt encore, c'était le pressing français pour des sanctions encore plus dures sur l'Iran, faisant paraître Obama comme trop timoré...
Un président trublion et impulsif
Tout cela entretient bien sûr aux Etats-Unis l'image d'un président trublion et impulsif, qui cherche sans cesse à se mettre en avant, au risque d'embarrasser ses alliés. On n'a pas oublié non plus à Washington comment, au G20 en novembre 2011, Sarkozy avait poussé Obama à la faute, en lui lançant que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou était «un menteur» qu'il ne supporte plus. «Tu en as marre de lui, mais moi je dois traiter tous les jours avec lui!» avait répondu Obama. Une petite phrase qui coûte cher maintenant au président américa




