La gauche n'aime pas la France : ce fut le cœur du discours de Nicolas Sarkozy, hier à Marseille. Le seul et véritable événement : une bouffée malsaine du XXe siècle en plein XXIe. Avec tous les corollaires de ce genre d'idéologie : la contestation des corps intermédiaires de la démocratie, la stigmatisation des «élites», l'appel à un «peuple» mythifié et le référendum comme vérité de la politique. De Gaulle a dû se retourner dans sa tombe en entendant son nom mêlé au triomphe de Patrick Buisson, le droitier conseiller du Président sortant. Pour le reste : rien d'autre que de l'énergie oratoire. Au service d'une énième et pesante dissertation sur la France éternelle, signe de ce repli obsessionnel sur l'histoire car, de l'avenir, il n'y a nulle vision. Et du présent, il faut d'urgence faire table rase. Ce sera le grand enjeu de la campagne de Nicolas Sarkozy : faire croire, en dépit du Fouquet's, du yacht, du bouclier fiscal, des amis milliardaires, de la baisse toute récente de l'impôt sur la fortune, qu'il est du «peuple». Pas de cette «élite», la vraie, l'oligarchique, pour laquelle le quinquennat fut si doux, si agréable. Faire oublier que la droite, depuis dix ans, a tous les pouvoirs pour régler les problèmes qu'elle feint de découvrir à deux mois de la présidentielle. Faire avaler aux Français que son bilan, comparé à d'autres pays d'Europe, aurait pu être pire et que ça vaut bien un second mandat. Aveuglantes contradictions qu'
EDITORIAL
Mémoire
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Publié le 20/02/2012 à 0h00
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