Comment s'engager discrètement en politique quand votre mère s'est présentée à la dernière présidentielle et votre père à la prochaine ? Un problème de riche auquel est soumis aujourd'hui Thomas Hollande, l'aîné des enfants de François Hollande et Ségolène Royal. Engagé en 2007 dans la Ségosphère, le jeune homme, apprenti avocat, veut faire de la «politique avec un grand P, débattre». Il débute prudemment, participant aux côtés de chercheurs et de professionnels à un nouveau think tank basé à Marseille, afin de décaler le regard des participants, de réfléchir pour une fois à la France loin de Paris.
Le «Think tank different» - c'est son nom - est animé par des chercheurs qui veulent tirer énergie et propositions de Marseille, ville aux multiples dysfonctionnements, souffrant économiquement et socialement. Paradoxal ? Pierre Lenel, chercheur au Laboratoire interdisciplinaire pour la sociologie économique, répond que «les problèmes de Marseille sont comme une caricature, un phénomène grossi et précurseur de ce que l'on retrouve partout en France. Il est peut-être possible d'aborder ici ces tensions dans leur complexité, sans a priori idéologique, pour essayer de faire émerger des solutions, des réponses à l'internationalisation du monde et à la complexité qu'elle-même impose». Virginie Martin, politologue et future présidente du think tank, ajoute qu'il est selon elle «de plus en plus difficile de sentir la France en passant 80% de son temps à Paris».




