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Récit

Jean-Paul Delevoye, rétropédalage de raison

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L’ex-ministre UMP, qui reconnaît avoir découvert la réalité sociale en étant Médiateur de la République, juge sévèrement la campagne présidentielle.

Jean-Paul Delevoye le 14 février à Paris. (Photo Frédéric Stucin. MYOP)
Publié le 28/02/2012 à 0h00

L'ami public numéro 1 s'est mué en sniper. Médiateur de la République pendant sept ans (2004-2011), président du Conseil économique, social et environnemental (Cese) depuis l'automne, Jean-Paul Delevoye observe la campagne présidentielle persuadé «qu'elle n'est pas à la hauteur des enjeux. Concernant Sarko, la question, c'est "j'aime-j'aime pas". Pour Hollande, l'hésitation porte sur la crédibilité de son projet, mais personne ne se demande : "Un projet pour quoi faire ?" Et Marine Le Pen ne fait que porter la résonance de la souffrance, c'est le racisme d'assiette».

Tout autant que sa liberté de parole, sans contrainte de «on» et de «off», la carrière de Delevoye est assez insolite. Bien qu'élu municipal, président de l'Association des maires de France (1992-2002), sénateur puis ministre de la Fonction publique (2002-2004) sous Raffarin, l'homme n'avait pas vraiment fait parler de lui. Il a fallu une phrase à la une du Monde, en février 2010, pour le propulser dans la lumière : «Cette société est en grande tension nerveuse, comme si elle était fatiguée psychiquement.»

Boucle. A posteriori, cela ne semble pas extraordinaire. Mais, sur le moment, le constat est repris en boucle. Et cela continue. Universités d'été, colloques, invitations par des associations, des intellectuels, des entreprises, Delevoye répète sa crainte d'une explosion civique et sociale. «Je crois que le constat est rentré dans les têtes, tout le monde a le mêm

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