«On veut du travail!» scande la centaine de sidérurgistes campés sur les voies du TGV entre Luxembourg et Metz. Le sous-préfet joue sa partition, sans y croire une seconde: «Votre message est entendu jusqu'au plus haut sommet de l'Etat, mais maintenant il faut partir.» Refus. Les forces de l'ordre dégagent les ouvriers manu militari devant les caméras qui s'en donnent à cœur joie.
Jérôme Baron n'est pas le dernier à pousser et à donner de la voix. Pendant l'assaut, le gendarme chargé de filmer les manifestants multiplie les gros plans sur lui. «Qu'il filme, je m'en fous!» De toute façon, on peut difficilement rater sa carrure de décathlonien et son casque «Full Mittal Racket» devant, croix de Lorraine derrière. Le jeune homme, 29 ans, bosse au laminage du packaging depuis six ans. «Il fait chaud l'été, il fait froid l'hiver, y'a du bruit, c'est sale et ça pue, c'est dur physiquement, c'est la pire ligne du packaging.» Il raconte son travail avec un grand sourire et une fierté revendiquée de fils et petit-fils de sidérurgiste. «Avant, c'était plus dur, mais y'avait du travail et nos parents pouvaient s'acheter des maisons.»
Il se fait 1500 euros net mensuels, aimerait bien s'installer avec sa copine «mais si c'est pour manger des cailloux à la fin du mois, c'est pas la peine». Alors en attendant, Jérôme vit chez ses parents. «Je vous dis pas la gueule du banquier quand on demande un crédit et qu'on dit qu'on bo




