A maints égards, la France demeure une démocratie imparfaite, ou plutôt inaboutie. Comme si ce vieux pays se refusait encore à adopter les standards des démocraties modernes. Une geste monarchique, une hyperpuissance du pouvoir exécutif, une culture de contrôle inexistante, une captation de l'Etat par des élites et des intérêts privés, ces travers pathologiques valent à la France une place souvent humiliante dans les classements internationaux. L'usage et les pratiques des services secrets constituent un autre indicateur avancé. Nicolas Sarkozy avait mis en œuvre une réforme rationnelle et prometteuse, fusionnant les deux «grandes oreilles» du ministère de l'Intérieur, la DST et les RG, à la réputation ternie par de trop nombreuses barbouzeries. L'expérience permet désormais de repérer un sévère vice de forme : l'extension tous azimuts du «secret-défense» a soustrait la nouvelle entité - la DCRI - à tout contrôle et permis de couvrir des dérives inacceptables : enquêtes inavouables, interventions abusives, écoutes de journalistes… On sait aussi, en la matière, combien pèse la qualité des hommes : ces dernières années, ils ont semblé davantage au service du chef de l'Etat qu'au service de l'Etat et de l'intérêt général. Si la gauche parvient au pouvoir, elle entend tout reconstruire. Nul n'a oublié son héritage contrasté : les dérives mitterrandiennes - de l'affaire du Rainbow Warrior aux écoutes de l'Elysée - puis la prudence et l'impartialité jospinienne. Il faudra
EDITORIAL
Impartialité
Réservé aux abonnés
Publié le 08/03/2012 à 0h00
Pour aller plus loin :
Dans la même rubrique
Nos newsletters

Alerte Libé
Les alertes, infos et enquêtes Libé à ne pas manquer

Libé Matin
Le brief matinal idéal pour bien commencer la journée

Opinions
Les billets, éditos, tribunes ou chroniques qui font débat

Toutes nos newsletters
Actualité, politique, lifestyle... découvrez toutes nos newsletters

Les plus lus