Les troupes ont le moral à zéro. Porter la bonne parole peut tenir de l'art difficile. Guillaume Peltier l'a expérimenté, jeudi soir près d'Orléans (Loiret), devant une soixantaine de militants UMP visiblement inquiets. Si Nicolas Sarkozy se fait un devoir de ne pas prononcer le nom de son principal adversaire, Peltier, son monsieur «sondages et opinion», pointe pourtant, lui, nommément, François Hollande. Pendant plus d'une heure, il projette sur écran géant camemberts et graphiques censés prouver implacablement une évidence: les Français plébisciteraient «l'ensemble des réformes courageuses» conduites pendant cinq années par Sarkozy. Et rejetteraient majoritairement les propositions du candidat socialiste.
Mais voilà l'assistance, à la moyenne d'âge avancée, attend autre chose. «D'un côté, on a François Hollande avec ses 60 propositions, c'est clair, elles sont marquées, relève un militant. Quand est-ce que le programme officiel sort? On en a besoin pour discuter, pour combattre programme contre programme. Là, on est entre nous, c'est sympa, on rigole contre les socialistes, mais on ne gagnera pas comme ça. On gagnera avec nos idées, pas avec les mauvaises idées des autres».
Peltier encaisse. Et tente de rassurer: «Notre candidat fera la surprise du projet (écrit) dans les quelques jours, quelques semaines qui viennent». «Quelques semaines, c'est trop long!», rétorquent des militants. «C'est maintenant qu'il le faut! C'est sur le proje




