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Chronique éconoclaste

Le «Buy European Act» de Sarkozy est-il une fausse bonne idée ?

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Pendant la campagne présidentielle, l'économiste Alexandre Delaigue pose chaque semaine une question économique qui fâche politiquement.

ParAlexandre Delaigue
chroniqueur économique
Publié le 11/03/2012 à 17h42, mis à jour le 11/03/2012 à 22h03

L'observateur espérant que le meeting de Villepinte serait l'occasion pour Nicolas Sarkozy d'annoncer son programme est resté sur sa faim ; les nouveautés se sont limitées à la volonté d'imposer en Europe une renégociation des accords de Schengen, et un «buy European act», à l'image du «buy american act» des USA, imposant aux marchés publics d'accorder la préférence aux entreprises européennes.

L'expérience américaine devrait pourtant inciter à la prudence. Ce genre de clause a surtout pour conséquence d'accroître le coût de production des infrastructures publiques, sans grand effet positif pour l'emploi. La reconstruction d'un pont entre San Francisco et Oakland risquait ainsi de coûter 400 millions de dollars de plus aux autorités californiennes pour satisfaire la contrainte de n'utiliser que de l'acier fabriqué aux USA; c'est autant d'argent qui n'aurait pas pu être dépensé pour d'autres projets, susceptibles de créer plus d'emplois que la production d'acier, très intensive en capital. La Californie avait finalement préféré modifier le cahier des charges du contrat, plutôt que de gaspiller l'argent du contribuable. Alors que les finances publiques sont contraintes, est-il opportun de contraindre les collectivités à dépenser trop pour les infrastructures?

Cauchemar réglementaire

L'adoption d'une telle clause, par ailleurs, imposerait non seulement de modifier les trai

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