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Aux Etats-Unis, une loi populaire mais perverse

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Le Buy American Act fait consensus depuis 1933.

ParLorraine Millot
Washington, de notre correspondante
Publié le 13/03/2012 à 0h00

Une mesure populaire, défendue par les syndicats : aux Etats-Unis, pays dont Nicolas Sarkozy veut s'inspirer, c'est ainsi que de nombreux économistes considèrent le Buy American Act que le président-candidat français érige maintenant en modèle. «C'est une mauvaise idée que de vouloir l'introduire en Europe, assène Jeffrey Schott, spécialiste du commerce international au Peterson Institute. Cela ressemble fort à une manœuvre politique : on essaie d'obtenir des avantages pour certains intérêts nationaux en faisant payer l'étranger. Mais n'importe quel pays qui applique une mesure pareille crée des inefficacités et réduit sa productivité. Ce n'est certainement pas une formule de croissance pour l'économie.»

Exceptions. Mis en place en 1933 et toujours en vigueur, le Buy American Act oblige le gouvernement fédéral à n'acheter que des «articles, matériaux et fournitures» américains, sauf exceptions, notamment lorsque leur coût est trop déraisonnable. Cette loi fédérale a aussi inspiré d'autres règles, au niveau national et local, qui restreignent considérablement l'accès des fournisseurs étrangers aux marchés publics américains. En 2009 encore, le plan de relance que l'administration Obama a fait voter au Congrès spécifiait que «tout le fer, l'acier et les produits manufacturés» achetés avec l'argent public pour des travaux d'infrastructures devraient être «produits aux Etats-Unis».

Depuis 1933, ce Buy

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