A 40 jours du premier tour, nous baignons dans un flot continu d'information sur l'élection présidentielle. Nous sommes abreuvés de meetings, plusieurs émissions politiques par semaine, sondages quotidiens, sans compter les multiples commentaires, analyses et chiffrages de chaque proposition et fluctuation.
Avons-nous vraiment besoin de tant d'information? A l'exception du NPA et de Lutte Ouvrière (dont le programme ne change guère d'une élection à l'autre), tous les candidats sont des personnes bien connues, au premier plan de l'actualité depuis des années. Que peut-on espérer apprendre de plus sur eux? Quelle information, dans les 40 prochains jours, pourrait conduire à changer d'avis sur l'opportunité de voter pour l'un ou l'autre, par rapport à tout ce dont nous disposons déjà? En quoi la «performance» dans telle ou telle émission devrait-elle être plus pertinente que des années de présence médiatique et politique? Comment distinguer, dans le flot des sondages, les tendances réelles du simple bruit statistique?
On pourrait penser que l'électeur, face à l'enjeu d'une présidentielle, n'est jamais trop informé: c'est faux. Traiter toute cette information prend du temps et de l'énergie. Et nous conduit à nous focaliser sur l'information immédiate et des détails, au détriment d'un véritable jugement éclairé. Les psychologues appellent «loi des petits nombres» la tendance à tirer




