Face aux cercueils des trois militaires tués à Toulouse et Montauban, les mots de Nicolas Sarkozy furent dignes, émouvants. En retraçant la vie trop brève d’Imad Ibn Ziaten, d’Abel Chennouf et de Mohamed Legouad, le Président esquissa en creux le portrait de ce qu’est aujourd’hui la République : une terre où vivent, pour le meilleur et le pire, Français de souche et Français de branche, ici depuis toujours ou venus d’ailleurs. Pluriels dans leurs origines et leurs croyances éventuelles, juifs, musulmans, catholiques, athées. En théorie égaux en dignité, en droits et devoirs quand ils sont vivants. Défendant leur pays s’ils sont soldats. Recouverts, hier, par un même linceul : le drapeau tricolore. Pourquoi attendre un tel massacre pour prononcer ces mots simples ? Pourquoi attendre que retentisse la sonnerie aux morts pour décrire positivement la sublime complexité de ce que nous sommes tous, nous, Français ? La tragédie n’a pas de vertu. La violence criminelle, démente, abjecte encore moins. Reste, pour les vivants, un espoir : qu’une fois chassé, le naturel ne revienne pas au galop. Que certains mots, certains discours disparaissent définitivement de la vie publique. Que la réponse politique à l’inquiétude de sociétés en crise garde de la hauteur et refuse le poison de la surenchère populiste. Qu’au geste assassin d’un fou endoctriné soit opposée avec détermination la sereine puissance de la démocratie. Il reste un mois avant le premier tour de l’élection présidentielle, c
EDITORIAL
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Publié le 22/03/2012 à 0h00
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