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Libération
EDITORIAL

Fragilité

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Publié le 28/03/2012 à 0h00

C'est encore Eva Joly qui en parle le mieux : «J'ai des handicaps qui sont lourds : je suis une femme, je suis d'origine étrangère. Surtout, je ne suis pas issue de l'élite française. Lorsque vous prétendez rentrer dans ce cercle, on ne vous fait pas la place.» Comment ne pas reconnaître la part de vérité dans une telle introspection ? La présidentielle, élection reine de la Ve République, quintessence de la politique à la française, est impitoyable. Taillée sur mesure pour des politiciens professionnels qui en rêvent tous les jours en se rasant, quand ce n'est pas depuis leur plus tendre enfance. Sous la loupe médiatique, les personnalités de la société civile passent à l'équarrissage et rien ne leur est épargné ni pardonné. Pourtant, le constat ne suffit pas à expliquer les errements de la campagne d'Eva Joly. Foncièrement parlementaristes, les caciques d'Europe Ecologie-les Verts ont depuis longtemps signé un accord électoral avec le Parti socialiste. Dans cette perspective, si la gauche l'emporte, l'essentiel se jouera à l'Assemblée nationale et peut-être au gouvernement. Certains, comme Daniel Cohn-Bendit, poussent cette logique à son terme et en tirent la conclusion qui s'impose : faire l'impasse sur l'élection présidentielle. Un autre choix fut fait qui laisse désormais Eva Joly seule, en première ligne, cantonnée au rôle peu enviable de candidate de témoignage ou de protestation. Créditée de très peu d'intentions de vote. Obligée d'incarner, à son

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