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«On se débrouille seul pour y arriver, c’est le business»

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Vu de La Goutte-d’or à Paris

Publié le 03/04/2012 à 0h00

Il harponne les passants. Chaînes en or sur le torse, fausses lunettes, vêtements amples et sourire XXL. King Mike (c'est son nom d'artiste) vient d'ouvrir une boutique de fringues hip-hop, il y a moins d'un mois, dans une rue fréquentée du XVIIIe arrondissement de Paris. Sur la devanture, une devise est taguée. «In God we believe, In money we trust.» Juste en face, des militants du Front de gauche ont placardé le portrait de Jean-Luc Mélenchon et son «Prenez le pouvoir». Chacun ses slogans. «C'est qui lui ?» hasarde King Mike. «Hollande ?» King Mike, 38 ans, n'ira pas voter.

Il fait partie de ses nombreux Français qui ne se déplaceront pas pour les élections. Ils seraient 32 % selon un récent sondage de l'Ifop. «Je n'ai jamais voté, confie-t-il. Ça ne sert à rien.» Il n'attend rien des élections : «Je ne redoute rien de mauvais, mais je n'attends aucune amélioration»«On se débrouille seul pour y arriver, c'est le business. Sarkozy, Mitterrand, Chirac, Pompidou… Qu'est-ce qui a changé ?» Pour lui, droite ou gauche, «ça ne change rien». Tout simplement parce qu'«il n'y a pas de magicien». Il croit «au travail». Il déroule un discours méritocratique : «On doit tous faire quelque chose, ne pas rester les bras croisés, et attendre que quelque chose arrive. Quand on veut, on y arrive»

Noir, marié à une Sud-Coréenne aide-soignante, il a grandi à Paris, a vécu en Al

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