Après le zig, vient toujours le zag : telle est la figure de style préférée du sarkozysme. En 2008, le Président avait chaudement applaudi l'accord sur la représentativité syndicale qui dépoussiérait enfin notre vieille démocratie sociale. Semblant retrouver le chemin d'une filiation gaulliste ou chabaniste, Nicolas Sarkozy flattait alors «la vertu et la force du dialogue social», louait «l'esprit de responsabilité des partenaires sociaux», et érigeait une «méthode», celle de «la concertation» tous azimuts pour réformer la France. A trois semaines de l'élection présidentielle, le retournement est total : voici que dans une stigmatisation générale «des corps intermédiaires», il insulte les syndicats, symboles honnis du conservatisme, de l'irresponsabilité et même de la violence gratuite. Le sarkozysme est un opportunisme. Dans sa ligne de mire, l'électeur du Front national, au prix d'une dévaluation continue et désastreuse de la parole. Cette faute se double d'une erreur politique : en proie à une crise sévère, la France ne peut s'en sortir qu'à la condition de mettre en mouvement ces fameux «corps intermédiaires», que sont les syndicats, les associations et les élus. C'est même l'une des obligations cardinales du politique quand vient le vent mauvais. Le «modèle allemand», cher au président Sarkozy, s'illustre d'abord par une subtile science du compromis et une ingénierie sociale exemplaire. Là-bas, chacun sait qu'on ne m
EDITORIAL
Zig et Zag
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Publié le 03/04/2012 à 0h00
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