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Libération
Reportage

«L’islam est une bouée de sauvetage pour politiques»

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A la mosquée de Villeurbanne, les croyants venus échanger après les drames de Toulouse et Montauban dénoncent la mise en cause politique de leur religion.

Publié le 05/04/2012 à 0h00

«Il faut participer plus que jamais aux élections», lance un homme. «Je n'ai jamais voté avant cette année, mais là je vais le faire parce que ce qui nous manque, à nous, c'est d'être reconnus en tant que Français musulmans», déclare une femme. Mardi soir, à la mosquée Othmane de Villeurbanne (Rhône), Azzedine Gaci, le recteur, a organisé une réunion pour discuter des «réponses à ce qui se passe et ce qui risque de se passer». Allusion aux fusillades de Toulouse et Montauban, aux expulsions d'imams, à la demande de dissolution par Marine Le Pen de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF, lire page suivante) - dont Azzedine Gaci est membre -, et à l'impact de ces faits sur le processus électoral en cours. «A chaque fois qu'un événement survient et met en émoi la communauté, nous organisons ce type de débat pour donner la parole aux musulmans», explique le recteur.

«Identité». A l'étonnement des participants eux-mêmes, l'invitation a suscité une certaine affluence. Une quarantaine de personnes ont répondu présent. Deux tiers d'hommes, un tiers de femmes tête nue ou portant le foulard. Ils ont entre 30 et 40 ans, sont responsables de mosquées ou d'associations, enseignants en collège, en lycée ou à l'université, chefs d'entreprises, cadres moyens ou supérieurs, éducateurs sociaux. Et musulmans pratiquants. L'affaire Mohamed Merah, et ses répercussions sur l'image que la société française a de l'islam et des musulm

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