Ils ont la trentaine, des enfants en bas âge, cherchaient «la ruralité». Ils se sont installés en Ardèche, sur des terres rugueuses et sauvages. Ils vivent de peu. Ne possèdent pas de télé, et rarement des téléphones portables. Ils ont la sérénité de ceux qui sont sûrs de leurs convictions. Julien, Alcine, Tomas, Maïa, Olivier, Ameline, Nicolas sont les héritiers des babas cool venus ici dans les années 70 faire «un retour à la terre». En pull de laine et barbe de plusieurs jours, ils incarnent une critique radicale de la société de consommation. Sans slogan ni banderole : à la différence de leurs aînés, ils ne prônent pas le communautarisme et n'essayent pas de convaincre la Terre entière qu'ils ont fait le bon choix.
Les Ollières-sur-Eyrieux
«Faire émerger des alternatives»
«Les hippies ont montré qu'on pouvait faire une petite agriculture paysanne. Et que c'était possible de s'installer et d'en vivre. Nous, la génération d'après, on hésite moins à le faire», explique Julien Picard, un apiculteur de 36 ans installé en 2005. «Pas besoin de la crise mondiale pour faire émerger des alternatives», renchérit Nicolas Becker, un Lorrain de 33 ans, éleveur et maraîcher bio, en Ardèche depuis sept ans.
Tous deux font partie d'un petit réseau qui alimente un magasin collectif de vente directe, aux Ollières-sur-Eyrieux, «dans la Grande-Rue, entre le bureau de tabac et la boulangerie». On y trouve du miel, des fromages, des saucissons, des œufs, de la crème de




