Trois photographes qui couvrent la campagne pour Libération expliquent leur travail à partir de trois de leurs clichés.
«Être réceptif au hasard»
Laurent Troude
: «On était très nombreux. C’est toujours très difficile d’être au contact du candidat, il faut se faufiler, se débrouiller, c’est à celui qui sera le plus malin. On y arrive, par vagues de quinze, vingt secondes, avant d’être rejeté par la pression. Au moment où on est près, on espère qu’il va se passer quelque chose: ils ne peuvent pas tout contrôler. Cette image montre bien la campagne, il fait 50 choses en même temps et regarde sans arrêt ailleurs. Il sait qu’il doit toucher les gens, mais
c’est fait mécaniquement. Il fait le job. Chirac n’était pas pareil. Ici, on est à Guérande [Loire Atlantique, ndlr], mais peu importe. Ce qui m’intéresse, c’est de creuser le portrait en creux d’un candidat, pas l’environnement. Ça, c’est ce qu’eux veulent montrer. Il faut être réceptif au hasard.»
«Je fais une image symbolique»
Sébastien Calvet:
«On est à Jarnac [Charente, ndlr], pour l’anniversaire de la mort de François Mitterrand. Il y a donc toute une mythologie du PS, c’est un peu un pèlerinage. La cérémonie est très organisée, protocolaire: les gerbes de fleurs sur la tombe, les positionnements des photographes, etc. François Hollande décid




