Il va rater l’élection. Alexandre a eu 17 ans en janvier et ne pourra pas voter dimanche. Il lève les yeux au ciel, rit nerveusement. Ça lui tord le ventre. Sur ses joues, il a dessiné trois barres bleu-blanc-rouge et arbore une grosse croix en argent sur la poitrine. Avec deux copines, ils se sont installés juste devant le carré VIP, au centre du Zénith de Paris, qui s’apprête à accueillir 6 000 personnes pour acclamer Marine Le Pen, mardi soir.
Alexandre est catholique et revendique des «valeurs de droite, traditionnelles». Il se sent proche de Christine Boutin. Sa famille n'est «pas comme ça». Son père, agent de maîtrise à la SNCF est «de gauche, PS», son grand-père, communiste «anticlérical». Alexandre a pris sa carte au FN il y a six mois. Il y pensait depuis un an, mais ne connaissait personne. Comme pour beaucoup de nouveaux adhérents, le déclic s'est fait après le passage de relais entre le père et la fille : «J'ai été élevé par la télé. Jean-Marie Le Pen est montré comme un monstre. On n'avait pas le droit d'y penser.» Alexandre ne digère pas que dans sa classe de lycée, à Villejuif (Val-de-Marne), où il y avait seulement «deux Français» précise-t-il, les élèves refusent d'étudier l'histoire de France. «Parce qu'ils disent que ce n'est pas leur histoire», s'indigne-t-il. «Là, je me dis que la France n'a pas d'avenir. On court à la catastrophe». Et le rempart, c'est «Marine».
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