A trois jours du premier tour, et après deux campagnes présidentielles et un quinquennat, le mot de «sarkozysme» mérite-t-il que l’on s’y attarde encore un peu ? Ce «isme» n’est-il pas finalement une facilité d’usage journalistique ? Beaucoup d’observateurs politiques ont largement théorisé absence de surmoi du chef de l’Etat pour expliquer le sarkozysme. Ce serait passer à côté d’une partie du sujet. Car cette campagne présidentielle a confirmé que le sarkozysme existe bel et bien et qu’il ne s’épuise pas dans la définition d’un psychologisme aussi atypique et fascinant soit-il. Le «isme» du candidat de la majorité n’est évidemment pas celui d’une idéologie. Les généalogistes de la droite française ne trouveront aucune hérédité évidente chez cet animal-là. Son ADN n’est pas plus orléaniste, que légitimiste ou bonapartiste, pour reprendre la classification de René Rémond. Sarkozy est de droite, mais de toute la droite. Il prend tout et ne rejette rien a priori. Et s’autorise même à déborder : à l’extrême droite et sur sa gauche. Rarement un chef d’Etat aura réussi à faire cohabiter à l’Elysée pendant tout un quinquennat, des conseillers au profil aussi différents. Tout l’arc-en-ciel de la droite a travaillé avec lui. Côte à côte plus que face à face. Jamais le chef de l’Etat n’a tenté d’entreprendre un travail de synthèse. Ni pendant son quinquennat et encore moins sa campagne. Au contraire, comme un pianiste débutant, il joue alternativement, une touche puis l’autre. Et à c
tribune
Qu’est-ce au fond que le sarkozysme ?
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Publié le 18/04/2012 à 19h06
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