Nous vous avions donné rendez-vous à 18h30. A cette heure, nous ne disposons pas encore des estimations réalisées par les entreprises de sondage sur la base des 100 premiers bulletins d'un certain nombre de bureaux test. Sur internet et les réseaux sociaux circulent déjà des chiffres invérifiables et démentis par les sondeurs qui assurent ne pas avoir réalisé de sondages sortie des urnes. Nous devrions peut-être disposer d'ici 30 minutes environ des premières estimations que la loi nous interdit de publier. Le risque encouru est au minimum de 375.000 euros pour une entreprise de presse, sans parler d'autres conséquences économiques, réelles et sérieuses, qui fragiliseraient Libération. L'ensemble de ces sommes nous semble disproportionné par rapport à l'intérêt d'une information rendue publique à 20h.
En vous donnant rendez-vous ce dimanche soir, nous souhaitions porter ce débat sur la place publique. Et forcer les institutions à admettre leurs contradictions, au prix du ridicule et de contorsions risibles. Au passage, se trouve engagé un vaste chantier qui incombe aussi au législateur: repenser la structuration de ce qu’est l’espace public; redéfinir ce qu’est un média par opposition à une correspondance privée; réfléchir au désormais large partage, au-delà des seuls professionnels des médias, de la responsabilité de publier et de diffuser une information.




