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Pour un acte III de la décentralisation

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(Dessin Alain Brillon)
Par
Olivier Rouquan
Politologue, chercheur associé au Centre d’études et de recherches de sciences administratives et politiques (Cersa)
Publié le 22/04/2012 à 19h07

Trente ans après l’acte I de décentralisation, Hollande s’est plusieurs fois référé à un acte III de la décentralisation sans trop le préciser ; Sarkozy évoque plutôt l’entrée des collectivités locales dans une cure d’austérité. Un recadrage de la décentralisation est nécessaire après la réforme territoriale de décembre 2010, dont l’application est problématique.

La décentralisation permet de renforcer la légitimité de nos institutions. En effet, elle rapproche le décideur politique et administratif des citoyens. Les élus locaux sont donc plus appréciés que les élus nationaux, même s’ils ne sont pas épargnés par la crise durable de confiance à l’égard du politique. A cet égard, les collectivités territoriales, particulièrement les communes, ne s’inspirent pas suffisamment des laboratoires de démocratie participative, qui émergent en Amérique du Nord, en Espagne, ou encore en Europe du Nord. Les jurys citoyens tirés au sort pour participer à des décisions faisaient par exemple partie des idées agitées pendant la présidentielle de 2007, mais qui n’ont pas vraiment bouleversé les pratiques locales. Les modalités classiques de concertation et consultation (forum, conseil de quartier, référendum consultatif) lorsqu’elles sont utilisées, reproduisent trop la fracture politique.

Or, le décalage est devenu problématique entre la composition de la société et la sociologie des élus, voire des dirigeants associatifs impliqués dans la démocratie de proximité - ils sont souvent retraités,

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