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Interview

Bruno Cautrès «Les deux électorats de gauche sont très unifiés dans un bloc»

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Bruno Cautrès, spécialiste en sociologie politique, enseignant à Sciences-Po, estime que le report de voix sera beaucoup plus difficile à droite :

Publié le 24/04/2012 à 22h06

Chercheur au CNRS, Bruno Cautrès est spécialiste de sociologie électorale. Il vient de publier avec des politistes canadiens et américains le Vote des Français de Mitterrand à Sarkozy (Presses de Sciences-Po).

Comment analyser les résultats de ce premier tour ?

Au plan de l’abstention, c’est une élection à forte mobilisation, au même niveau que celles de 1988 et 1995, avec une participation un peu plus faible que celle de 2007, qui demeure donc une exception. Hors 2002, la présidentielle a toujours fortement mobilisé, c’est l’élection majeure. Cette fois, nous disposions d’indications laissant entendre un faible intérêt pour la campagne, mais cela n’a pas empêché les citoyens d’aller voter. Cela renvoie aux résultats des grandes enquêtes menées récemment en Europe, qui pointent la dimension critique du rapport à la politique, et dans lesquelles s’exprime le sentiment que les hommes politiques ne s’occupent pas des problèmes, qu’ils ne sont pas fiables, qu’ils ne sont pas honnêtes, mais que malgré tout le vote reste le meilleur moyen de faire valoir ses idées.

C’est la première fois qu’un président sortant n’arrive pas en tête…

En effet, les trois fois où un président sortant s’était présenté - Giscard en 1981, Mitterrand en 1988, et Chirac en 2002 -, il était arrivé en première position. Il y a donc là un clair désaveu. Qui ne produit pas tant un problème arithmétique que symbolique, qui met le sortant en très mauvaise posture pour le second tour. A sa décharge, sans doute convient-il de préciser qu’il n’est pas simple d’incarner le pouvoir à un moment d

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