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Libération

De quoi Marine Le Pen est-elle le nom ?

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Publié le 25/04/2012 à 19h07

Il ne faut pas se raconter d’histoires : avec 17,9% des suffrages exprimés, Marine Le Pen a remporté une grande victoire électorale. Elle a fait mieux que son père en 2002 (16,86%) lorsqu’il s’était qualifié pour le second tour de l’élection présidentielle. Elle a une fois de plus démenti les sondages qui la sous-estimaient. Elle a, grâce à la participation élevée, rassemblé 1 million de voix de plus que le record précédent du Front national. Pire : même si cela coûte de l’écrire, elle a fait preuve tout au long de la campagne d’un charisme évident avec une éloquence efficace, avec une présence physique, une combativité, un culot d’enfer, une endurance hors du commun. Marine Le Pen n’est pas seulement la fille de son père, pas seulement une héritière. C’est un leader-né brutal, violent, simpliste, entraînant, terriblement dangereux. La voilà installée pour longtemps sur la scène politique française, à la tête de ce qui est décidément devenu la troisième force politique, bien loin devant le Front de gauche (même si celui-ci réussit une belle percée), plus loin encore devant les vestiges du centrisme. Arithmétiquement, c’est elle qui a réalisé la prouesse la plus éclatante de l’avant-premier tour.

Politiquement, la question qui se pose est : de quoi Marine Le Pen est-elle le nom ? La réponse directe est : une nouvelle extrême droite, plus dangereuse encore que la précédente. La présidente du Front national a réussi le lifting de sa formation. Jean-Marie Le Pen, lui aussi puissa

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