«Pffff, c'est nul, ça n'avance pas, il n'y a pas de sujet. Ce qu'ils ont fait ou pas fait, on s'en fiche», souffle Georges, 67 ans, chef d'entreprise. Du débat entre François Hollande et Nicolas Sarkozy, Eric Lafond, conseiller Modem à la mairie du IIIe arrondissement de Lyon, et les militants réunis hier chez lui n'espéraient pas grand-chose. «Sur le contenu, je n'attends rien, mais je suis curieux de voir lequel des deux va prendre l'ascendant sur l'autre», déclare Régis, 35 ans, ingénieur.
Lorsque l'affrontement débute, tous écoutent pourtant avec attention. «Hollande a commencé sur la réserve, mais il mène. Sarkozy sort des salves, mais Hollande suit son fil : se présenter comme quelqu'un de plus respectable que Nicolas Sarkozy, ce qui n'est pas difficile», observe Stéphane, 37 ans, travailleur indépendant. A 21 h 30, il a changé d'avis : «Aux points, c'est Sarko qui gagne.» Georges continue de râler : «On balance 63 milliards, 43 milliards, comment les Français peuvent comprendre ça ?» A 21 h 34, la moitié de l'assistance a déserté le salon pour le balcon. «A travers la vitre, on n'entendait pas le son et on avait l'impression de voir un teckel gueuler con tre un saint-bernard», rigole Jean-Paul, 45 ans, ingénieur. Les deux candidats continuent leur bataille de chiffres. «Et que je te balade dans les statistiques qu'on est incapables de vérifier», ironise Stéphane. A 21 h 50,




