On est à quelques pas de l'auberge du Vieux Morvan, à Château-Chinon (Nièvre), où François Mitterrand lança, le soir du 10 mai 1981, «je mesure le poids de l'histoire», avant de regagner Paris. Dans la salle Louise-Michel, des militants socialistes se retrouvent pour une réunion de section. Ils sont une quarantaine. Se claquent la bise. Sourient. Beaucoup étaient aux côtés du premier président socialiste de la Ve République, le soir de la victoire, après avoir fait sa campagne. «On y passait nos nuits, qu'est ce qu'on a bossé, se souvient Marie-Hélène. Cela voulait dire que la gauche pouvait prendre le pouvoir. Cette fois-ci, ce ne sera pas nouveau, mais je ne peux pas m'empêcher d'y penser.»
D'autres ont pris leur carte plus récemment. Comme Alain, aide-soignant à la retraite. Sa fille est caissière. Il est «inquiet» à cause de la crise, et veut un président «proche des gens» et qui ne va «pas serrer la bride autour de nos cous, comme Nicolas Sarkozy». Ce soir-là, la section accueille encore deux nouveaux, des quadragénaires. Par petites grappes, ils commentent le débat télévisé de la veille. «On avait un peu les boules», confie une dame. «Ce matin, je me suis levé en forme, confiant», la rassure son voisin. Dans la dernière ligne droite, ils n'ont plus de doutes. «Il y a un parfum de Mitterrand», pense le maire actuel, Henri Malcoiffe. Un parfum de victoire, donc. «Chez Attac, po




