«Nous sommes entrés en politique ensemble en année préparatoire à Sciences-Po, en 1971. François et moi avons adhéré à la section locale de l’Unef. François en est tout de suite devenu le patron et a été élu au conseil d’administration. Je pense que c’est sa première élection. Il était le plus doué, avec des qualités de leadership et d’empathie. Il sait aller vers les gens. On a fait ensemble la campagne des législatives de 1973 et de la présidentielle de 1974. On allait à tous les meetings ensemble.
«Pour François, la politique, c’était du sérieux, et c’est une donnée qui lui est restée toute sa vie. Pour lui, la politique, c’est une question de convictions, pour changer la vie des gens. Et je retrouve cela dans le Hollande trente-cinq ans plus tard. Ensuite, on a fait l’ENA, nous voulions changer l’Etat. On a fondé un syndicat, le Comité d’action de réforme de l’ENA - comité d’action parce qu’on est des enfants de Mai 68, mais sans être gauchos. On a emporté un tiers des sièges au conseil d’administration, avec François, bien sûr, comme tête de liste. Ensuite, on s’est retrouvés avec Michel Sapin, Jean-Pierre Jouyet et Bernard Cottin à Coëtquidan (l’école des officiers) dans la même chambrée. On ne s’est plus vraiment quittés. On faisait de la politique ensemble, on sortait ensemble, on partait en vacances ensemble, il y avait aussi un côté festif.
«En 1981, on est partis faire la campagne de François contre Chirac, à Ussel. C'est là qu'on a crashé une soirée électorale de C




