Menu
Libération

Les Etats-Unis à reculons vers l’inconnu

Réservé aux abonnés

ParLorraine Millot
Washington, de notre correspondante
Publié le 06/05/2012 à 20h46

Jusque parmi les proches de Barack Obama, on ironisait encore ces derniers jours : François Hollande ? «Pour moi, il a plutôt la tête d'un Premier ministre que d'un président», a lancé Rahm Emanuel, ex-bras droit d'Obama à la Maison Blanche et maire de Chicago, lors d'une réception à la résidence de l'ambassadeur de France à Washington. Interloqués, les diplomates français ont plaidé que beaucoup d'hommes d'Etat ne remplissaient vraiment leur costume présidentiel qu'après leur entrée en fonction. Peine perdue auprès de Rahm Emanuel qui, en tant que «professionnel», n'imagine pas non plus Hollande «grandir dans la fonction»…

Entre le socialiste et les Américains, pour une fois, l'ignorance est mutuelle : Hollande n'est pas venu se présenter à Washington durant sa campagne, et il a même annulé un voyage préparé par l'ambassade des Etats-Unis à Paris qui lui aurait permis de rencontrer au moins Hillary Clinton. Les Américains lui rendent cette indifférence au centuple. «Même parmi les francophiles, peu d'entre nous le connaissent, avoue Jim Hoagland, éditorialiste au Washington Post. Avec lui, ce sera l'inconnu.» Ainsi suggère-t-il au futur président de s'inspirer de François Mitterrand, qui avait rapidement envoyé à Washington le diplomate Philippe Faure : «Il avait directement accès à Mitterrand et pouvait expliquer qui il était aux Américains. Il avait très vite changé son image à Washington», rappelle ce journal

Dans la même rubrique