François Miquet-Marty est sociologue et directeur associé de l'institut de sondage ViaVoice. Il réagit pour Libération à la la victoire de François Hollande.
Quelle est votre réaction à la suite de la publication des résultats ?
Je crois que c’est un événement historique. C’est plus qu’une alternance comme on en a déjà eu. C’est l’aboutissement d’une espérance de long terme pour le PS et surtout pour la gauche. C’est une alternance chargée de gravité, car c’est une victoire de la gauche inédite, ce n’est pas comme en 1981. Il y a un fort espoir de transformation sociale, mais surtout dans un contexte difficile, économiquement et socialement, dans une société française très fortement clivée.
52%, c’est un bon score pour François Hollande?
Oui, c’est un bon score car il y a un écart net avec son challenger. C’est sensiblement le même score que celui réalisé par François Hollande en 1981. Ce qui l’explique c’est en partie la crise économique, la montée des injustices sociales que cela a provoqué mais aussi la politique de Nicolas Sarkozy. Il y a une vraie aspiration de justice sociale parmi les Français. Ce score traduit aussi une dénonciation de l’argent roi, d’une société de l’argent telle qu’elle a été célébrée sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy. La campagne de François Hollande a été habile car elle était en phase avec cette exaspération des Français.
La défaite de Nicolas Sarkozy est moins cinglante que prévu. Est-ce grâce à sa campagne de l’entre deux tours ?
Oui et non. Nicolas Sarkozy est parvenu à corriger le rapport de force qui lui était nettement négatif après le premier tour. Ce score peut aussi s’expliquer par le fait que la victoire de François Hollande semblait depuis longtemps




