Menu
Libération
Analyse

Un parfum de vote de classe

Réservé aux abonnés

Pour la première fois depuis longtemps, la gauche redevient majoritaire dans les couches populaires.

Publié le 08/05/2012 à 22h17

Trente ans : c’est le temps qu’il aura fallu à la gauche pour renouer avec ses fondamentaux. En 1981, François Mitterrand avait été élu comme candidat de la classe ouvrière et des jeunes, face à un Valéry Giscard d’Estaing associé aux diamants de Bokassa, qui tentait de faire peuple en jouant de l’accordéon dans les bals du troisième âge. Puis l’image de la gauche s’est brouillée.

D'abord à cause de Jacques Chirac et de sa «fracture sociale» en 1995. Puis à cause de Nicolas Sarkozy qui se posait en 2007 en champion du «travailler plus pour gagner plus» face à une gauche «boboïsée» alliée à des bataillons de fonctionnaires soi-disant arc-boutés sur leurs privilèges. Jusqu'au 1er mai dernier, où Nicolas Sarkozy prétendait incarner une droite populaire défendant le «vrai travail» contre une gauche des élites et des assistés.

Notre sondage postélectoral réalisé par Viavoice pour Libération (1) remet les pendules à l'heure. «C'est l'échec de la tentative de Nicolas Sarkozy de fédérer les Français les plus modestes contre les élites», souligne François Miquet-Marty, directeur associé de Viavoice. Révélateur : quand on interroge les Français sur les raisons du vote sanction contre Sarkozy, la première réponse est : «Il est le président des riches.» Et, s'il a été battu, la crise n'y est pour rien : «Il ne peut s'en prendre qu'à lui-même», répond une majorité de personnes interrogées.

Alliance.

Dans la même rubrique