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Portrait

Laurent Fabius un stratège au Quai

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Affaires étrangères.

Publié le 16/05/2012 à 22h26

Il voulait à tout prix un ministère régalien que justifient sa stature politique et une intelligence hors pair, reconnue même par ses adversaires. Les questions internationales et stratégiques le passionnent. Ce poste, Laurent Fabius, 65 ans, en rêvait dès le début de son engagement dans la campagne présidentielle menant des missions au Moyen-Orient, puis en Chine et au Japon, pour le compte de celui qui n’était encore que le favori des sondages.

Cet agrégé de lettres, brillant énarque et maître de requêtes au Conseil d’Etat devint à 38 ans le plus jeune Premier ministre de l’histoire de France, succédant à Pierre Mauroy en 1984.

Mais sa nomination à un tel poste suscitait toujours nombre de réticences au sein même du Parti socialiste. Beaucoup, dans le parti, n'avaient pas oublié sa prise de position en faveur du non lors du référendum de 2005 sur le traité constitutionnel. «Un homme d'il y a trente ans, qui gouvernait à l'époque de Brejnev et Reagan», ricanaient ses ennemis, appelant à promouvoir des figures nouvelles. Son vrai rival pour le Quai fut longtemps Pierre Moscovici. Un bras de fer politique plus encore que personnel, opposant au sein du PS comme au Quai ce que l'on pourrait définir schématiquement comme les tenants d'une tradition «gaullo-mitterrandienne», partisans de Fabius, aux «néo-atlantistes», soutenant l'ancien secrétaire d'Etat aux Affaires européennes.

Député de la 4e circonscription de Seine-Maritime, Fabius a aussi été à deux reprise

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