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Les Etats-Unis moins sévères qu’on ne pense

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Les Américains considèrent le harcèlement d’abord comme une discrimination.

ParLorraine Millot
Washington, de notre correspondante
Publié le 21/05/2012 à 21h16

«Ana, elle a besoin d'être baisée!», «Vous êtes vraiment des bons à rien!», «Hey les femmes, bougez vos mains comme si vous baisiez !» Ça se passe en Californie, dans une usine d'emballage de choux-fleurs, et tous les jours dans les champs aux Etats-Unis. Sans que les victimes, la plupart du temps, n'osent porter plainte car elles sont sans papiers, vient de rappeler un récent rapport de Human Rights Watch, qui a recueilli les témoignages d'ouvrières agricoles.

Même aux Etats-Unis, souvent considérés comme particulièrement stricts en matière de prévention et répression du harcèlement au travail, la législation reste parcellaire et ne couvre pas toute la population. Au niveau fédéral, le harcèlement sexuel peut être poursuivi en tant que «discrimination» en vertu de la loi sur les droits civiques de 1964. Cette loi a instauré une Commission sur l’égalité des chances au travail, auprès de laquelle tout salarié peut demander une enquête.

Ces dernières années, un nombre décroissant de plaintes (11 364 en 2011 contre 15 836 en 2000) y ont été déposées pour «harcèlement sexuel» ; 53% des plaintes ont été rejetées par la commission, tandis que près de 20% se sont soldées par des accords de dédommagement, pour un total de 52 millions de dollars.

La loi fédérale limite les pénalités : pas plus de 300 000 dollars (235 000 euros) pour les plus gros employeurs et 50 000 dollars maximum pour les sociétés de moins de 101 salariés. «Ces plafonds sont anciens et

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