Grâce au Conseil constitutionnel, la France se dotera bientôt d'une nouvelle loi sur le harcèlement sexuel. Une loi claire comme le jour, qui en finira avec le flou de celle que les Sages viennent d'abroger. Mais pour y arriver, il ne suffit pas que le législateur maîtrise la grammaire et le vocabulaire ; il faut qu'il sache aussi ce qu'il cherche à punir. En effet, il y a deux manières très différentes de concevoir cette infraction. La première punit les comportements de ceux qui abusent de leur position hiérarchique afin «d'obtenir des faveurs de nature sexuelle en se servant d'ordres, de menaces, de contraintes, de pressions». De même que le viol et les autres agressions sexuelles, cette conception du harcèlement cherche à protéger le libre consentement des personnes à la sexualité.
C’est sous cette forme que le harcèlement sexuel est apparu dans le droit pénal français. Une loi de 1992, légèrement revue en 1998, le définissait comme un abus de pouvoir d’un supérieur hiérarchique. Or le harcèlement sexuel peut faire allusion à des comportements qui s’apparentent non pas aux viols ou aux agressions sexuelles mais aux violences de type psychologique, comme le harcèlement moral et conjugal.
C'est cette théorie d'origine américaine qui inspire la directive européenne du 23 septembre 2002. Selon celle-ci, le harcèlement sexuel est «un comportement non désiré à connotation sexuelle, s'exprimant physiquement, verbalement ou non verbalement, […] (ayant) pour objet ou p




