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CHRONIQUE «aphorisme»

La banque fait sauter Sarkozy

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Chaque vendredi, Edouard Launet analyse un aphorisme politique. Aujourd'hui, l'ex-président tente de passer un entretien d'embauche.

Publié le 25/05/2012 à 15h48

Aphorisme, subs. masc. Proposition résumant à l'aide de mots peu nombreux, mais significatifs et faciles à mémoriser, l'essentiel d'une théorie, d'une doctrine, d'une question scientifique.

«Il y a toujours un avenir pour ceux qui pensent à l'avenir», a dit François Mitterrand. Nicolas Sarkozy est bien d'accord qui, dès son retour du Maroc, s'est rendu au siège de la banque d'affaires Mourty & Dugrossac pour discuter de sa reconversion dans le business. L'ex-président se verra confier des missions de conseil dans le cadre d'opérations internationales menées par le prestigieux établissement fondé en 1967 par Jean-Charles Mourty et Alfred-Edouard Dugrossac. Sa première mission concernera la prise de contrôle d'une entreprise française de l'agroalimentaire par un conglomérat russe bâti autour d'un champ gazier de la Transnistrie. Ci-dessous, le verbatim de l'entretien initial entre le patron russe et Nicolas Sarkozy, pris en note par un membre du service Opérations de la DGSE, puis égaré sur un banc de la station de métro Jules-Joffrin où nous l'avons trouvé.

Le patron russe (direct): «Ça irait chercher dans les combien, ce zakouski?»

Nicolas Sarkozy: «Je crois deviner qu'en ces termes vous m'interrogez sur l'investissement nécessaire à une prise de participation majoritaire. Le mot zakouski me semble remarquablement bien choisi puisque ce montant ne devrait guère dépasser, disons, les trois

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