Cette fois, Martine Aubry a tranché. La première secrétaire du Parti socialiste a retiré son investiture à Sylvie Andrieux, députée marseillaise renvoyée devant le tribunal correctionnel pour détournement de fonds publics. Dans un communiqué, Martine Aubry note «la nature et la gravité des faits reprochés, la multiplication des témoignages concordants», qui «constituent une atteinte à l'image du Parti socialiste».
L'ordonnance signée mardi par le juge marseillais Franck Landou est effectivement accablante. En 148 pages, elle décrit un système déplorable dans lequel des caïds favorables à Sylvie Andrieux montaient des associations fictives pour bénéficier de subventions et financer leur train de vie, en échange de services électoraux dans leurs quartiers ( Libération d'hier). Les témoignages émanent de ces faux responsables associatifs, également renvoyés devant le tribunal, mais aussi de fonctionnaires et de collaborateurs socialistes au conseil régional. Le propre attaché parlementaire de Sylvie Andrieux, Roland Balalas, a reconnu que les subventions permettaient de «s'attribuer des réseaux d'influence dans les quartiers».
Discrète. La décision de Martine Aubry peut sembler tardive. Car le Parti socialiste connaît les faits depuis longtemps. Durant l'été 2010, le dossier d'instruction avai




