«Partage». «Valeurs». Deux jolis mots, normalement encore plus beaux quand on les accole. Quand Nadine Morano, député UMP sortante en difficulté dans sa circonscription de Moselle, choisi «sans états d'âme» de les associer l'un à l'autre en parlant de ses propres valeurs et de celles du Front national, c'est tout de suite nettement moins plaisant. Chercher à comprendre les motivations de vote de cet électorat souvent issu des catégories populaires, s'employer à le convaincre qu'il fait fausse route en accordant sa confiance à un parti d'extrême droite xénophobe : quoi de plus normal ? Mais ce n'est pas du tout ce que fait l'ancienne ministre de Nicolas Sarkozy, qui choisit, pour sauver sa peau de député, de mettre en avant ce qu'elle a en commun avec le FN. Une attitude isolée, au sein d'une UMP qui cherche a s'en tenir à un peu glorieux ni-nisme ? Non. Dans le Sud-Est notamment, mais pas seulement, la pression électorale du vote d'extrême droite fait reculer la digue. Mais comment s'en étonner après que l'ancien président de la République a lui-même montré l'exemple, en embrassant pendant sa campagne la stratégie d'extrême-droitisation que lui suggérait son conseiller spécial Patrick Buisson ? En mettant un mouchoir sur leurs valeurs, les Raffarin, Fillon, Juppé, Le Maire et autres ténors de l'UMP ont accepté ce fardeau en héritage. Il va empoisonner l'entre-deux-tours de ces législatives. Mais, davantage que cette porosité électorale - qui reste limitée -
EDITORIAL
Porosité
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ParPaul Quinio
Publié le 11/06/2012 à 22h26
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