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Abstention - piège à cons, vous en êtes bien sûr?

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Publié le 21/06/2012 à 19h06

Abondance de biens nuit. Abondance de députés socialistes aussi. On vit et entendit cela, toute cette semaine, dans les piétinements et barrissements d’un troupeau recomposé d’éléphants affolés par la présidence de l’Assemblée que l’épisode rochelais des législatives offrit à leurs appétits pathétiques. Avec l’hégémonie d’une majorité absolue refait surface, au sein du parti présidentiel, une suffisance mâtinée d’un sexisme de notables dans l’illusion d’un triomphe. Le pouvoir, déjà, y semble redevenu une fin plutôt qu’un moyen, comme s’il faisait abstraction du murmure sourd induit par 44 % d’abstention au scrutin de dimanche, et, tous les jours, des grondements telluriques d’une crise économique de plus en plus évidemment mondialisée.

Comment, lorsque l’on est de gauche, prendre sa part dans ce paysage qu’initia la défaite d’une droite que l’on contribua puissamment à «dégager» ? Pour tous ceux que le mode de scrutin législatif laisse frustrés au péage de l’autoroute sociale-libérale, j’imagine que la réponse fut complexe, selon qu’ils votèrent ici ou là. Derrière la proclamation principielle du désistement républicain, il apparut en effet que pour le PS lui-même, les exceptions feraient partie de la règle…

Sans doute, à Hénin-Beaumont, eussé-je pu sans excès d'états d'âme, contre la Pen en chef, élire, même désespérément, ce Kemel socialiste. Mais à Carpentras-sud, aurais-je su de même me contraindre à voter pour l'UMP Ferrand, de la «droite populaire», au seul prétexte de

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